La plupart des gens regardent la page de données d’un passeport et y voient une seule chose. Un expert y voit plusieurs couches de la même information, écrites différemment pour des lecteurs différents, chacune protégée à sa manière. Leur concordance fait partie de ce qui rend le document authentique.
Une norme commune à tous les passeports
Les passeports et la plupart des cartes d’identité suivent le document 9303 de l’OACI, la norme internationale qui fixe où se trouvent les données, comment s’écrit la zone de lecture automatique et comment la puce est signée. La MRZ d’un passeport compte deux lignes de 44 caractères ; celle d’une carte d’identité, trois lignes de 30. Parce que ces règles sont publiques et précises, un document qui les enfreint est détectable par logiciel, caractère par caractère.
La page imprimée, lue par OCR
Chaque champ du document est lu par OCR : nom, date de naissance, numéro de document, dates de délivrance et d’expiration. Lire les champs, c’est ce qui supprime la saisie manuelle au guichet, et c’est aussi la première source à laquelle les deux autres sont comparées.
La MRZ : les lignes du bas
La zone de lecture automatique, ce sont les deux ou trois lignes de caractères au pied de la page de données. Elle reprend les données clés dans un format standard, avec des chiffres de contrôle calculés à partir des données elles-mêmes. Un numéro de document ou une date modifiés sur la page mais pas dans la MRZ, ou modifiés sans recalculer leur chiffre de contrôle, cessent de concorder.
Sur d’autres types de documents, les codes-barres jouent un rôle comparable : une copie compacte et structurée des données imprimées, qui peut être analysée et comparée champ par champ.
La puce : signée par l’émetteur
Quand le document en porte une, la puce NFC contient les données et la photo du titulaire, signées par l’autorité émettrice. C’est la couche la plus difficile à contrefaire, parce que la signature ne peut pas être reproduite sans les clés de l’émetteur. Quand le téléphone le permet, la puce est lue par NFC et son contenu est comparé à ce qui est imprimé.
Les lire l’une contre l’autre
Chaque source, seule, peut être contrefaite avec assez d’efforts. Trois sources qui doivent concorder champ par champ, avec la puce signée et les chiffres de contrôle valides, placent la barre bien plus haut. Le verdict les pèse toutes ensemble, avec les contrôles optiques en lumière visible, UV et infrarouge.
- Données imprimées lues par OCR, pour que personne ne les saisisse au guichet.
- Analyse de la MRZ et des codes-barres, avec vérification des chiffres de contrôle.
- Lecture de la puce NFC quand le document et l’appareil le permettent.
Plus de 200 pays
Les formats changent d’un pays à l’autre, et d’une génération à l’autre d’un même document. La plateforme couvre plus de 200 pays et des centaines de types de documents, avec les règles propres à chacun, pour qu’un guichet n’ait pas à savoir à l’avance quel document va être posé sur le scanner.
Comment un chiffre de contrôle repère une modification
Chaque champ clé de la MRZ, comme le numéro de document, la date de naissance et la date d’expiration, est suivi d’un chiffre de contrôle. Il se calcule en pondérant chaque caractère par 7, 3, 1 à tour de rôle et en prenant la somme modulo 10. Modifiez un seul chiffre de la date et le chiffre de contrôle ne tombe plus juste, à moins que le faussaire ne le recalcule, et la MRZ doit alors encore concorder avec la page imprimée et avec la puce.
Les questions sur la MRZ et la puce
Qu’est-ce que la MRZ d’un passeport ?
La zone de lecture automatique : les lignes de caractères au pied de la page de données, qui reprennent les données clés dans un format standard, avec des chiffres de contrôle, pour qu’une machine puisse les lire et les valider.
Que prouve la lecture de la puce NFC ?
Que les données et la photo de la puce ont été signées par l’autorité émettrice. La signature ne peut pas être reproduite sans les clés de l’émetteur, ce qui fait de la puce la couche la plus difficile à contrefaire.
Et si le document n’a pas de puce ?
Le contrôle s’appuie sur la page imprimée, la MRZ ou le code-barres, et les contrôles optiques en lumière visible, UV et infrarouge, tous pesés ensemble dans le verdict.